Budget 2016 : reflet d'un projet de ville loin des besoins des gens

Analyse du budget 2016 par le PTB Charleroi

Je remercie les fonctionnaires de la ville ayant travaillé au budget. Je les remercie aussi pour leur disponibilité a nous donner des explications.

Après le conclave budgétaire on pouvait lire que la ville de Charleroi retrouve des marges d’investissement après des années de rigueur.

Prenons sous la loupe certains investissements. Par exemple le remplacement des chaudières dans les écoles. Pour 2016 , 10 chaudières sont inscrit sur le budget extra ordinaire : L'école de Bosquetville, du Phénix, Hameau, Cité Germinal , Sart Culpart, de la Cité Parc , le Roctiau , le CECS Couillet , L'école industrielle de Marchienne Au Pont ainsi que le CRIAC de Montignies devrait voir une nouvelle chaudière en 2016.

Seulement tous ses projets étaient déjà toutes inscrite dans le budget 2015 et ont été enlevé lors de la deuxième modification budgétaire.

Rien de neuf sous le soleil.

Plus fort , au budget 20141 ,il y a 2 ans donc, le collège nous parlait d'un budget d'investissement pluriannuel dont cinq millions pour des marchés stocks permettant de réagir rapidement pour des travaux de réparation de toitures, chaudières, etc.

Cette annonce ne nous a pas empêché de revoir des scènes de Western récemment à l'école du Fonds Jacques à Couillet. Suite à un panne de chaudière nous avons pu voir des images des planches de bois pour barricader les fenêtres, des mètres et des mètres de câbles électriques qui serpentent dans les couloirs, pour paliers avec des chauffages électriques d'appoint d'arriver à une température normale. Des cours annulés au soir par manque d'une température ambiante dans lesquelles il est possible de donner cours correctement. Une situation qui pose question.

Prenons un autre exemple. La réparation des toitures de l'Hôtel de Ville et le désamiantage de sa salle des fêtes, étaient aussi déjà annoncé au Budget 2014.

Est-ce que 2016 nous les réservera enfin ?

Annoncer et communiquer des futurs réparations c'est bien, les réaliser c'est mieux.

Il y a trois ans les enfants de l'école du Roton étaient venus manifester car leur fancy-fair et leur fête de carnaval avait été annulé car les normes de la sécurité incendie n'étaient pas respectées. En 2016 ils auront peut-être droit à la mise au normes de leur école en ce qui concerne la sécurité incendie. Cette dépense était aussi déjà inscrit au budget 2015 et sauta à la dernière modification budgétaire. Certains enfants venus manifester en avril 2013 auront peut-être le temps de passer en secondaire faute de voir les travaux réalisées. Je vous lance le défi.

Revenons en alors au majestueux plan de gestion , ou plan de restriction adopté et exécuté depuis 2010 avec comme but de réaliser l'équilibre budgétaire en 2015.

Équilibre réalisé depuis 2015 avec des tours de passe passe comptable comme l'inclusion des bonis budgétaires de la zone de police et du CPAS en les réinjectant dans le budget de la ville.
Les Carolos ont ressentie fortement ce retour à l'équilibre.
Après une hausse des taxes ( comme l'IPP et la taxe déchets ) et tarifs possibles : stages, garderies scolaires , entrée des piscines, location pour des clubs de sport etc.

Puis et pas moins important une suppression de pas mal de services précieux :Fermeture des guichets pour les citoyens de Monceau, Lodelinsart et Mont-Sur -Marchienne, fermeture des piscines de Gilly et de Marchienne, fermeture des bibliothèques de La Docherie, Lodelinsart, Couillet Village et Montignies Sur Sambre , suppression des repas de midi et des busses pour les plaines de jeu, fermeture des plaines de jeux ( PEPS) de Goutroux, Dampremy et Jumet. Fermeture des maison de quartier de la Broucheterre , du Sart Allet et du Roctiau. Fermeture aussi des centres pour personnes âgées de Jumet Gohyssart, Couillet Village, Gilly Ravin et Gilly Thibaut. Alors que ses centres pour personnes aigéescoûtaient à peine quelques milliers d'euros par an en frais de gaz et électricité et qu'ils permettaient à des personnes âgées de venir jouer aux cartes et de se rencontrer près de chez eux.

Nous constatons aussi que les services de la ville deviennent de plus en plus chers et moins performants.

Prenons par exemple :le service des guichets citoyens. Dans le plan de gestion le titre de cet opération s'appelle très joliment « Optimalisation des Guichets Uniques »

Le but étant de gérer la même charge , même voir une plus importante charge de travail avec un plus petit nombre de personnes.

Pour le citoyen jusqu'ici le service rendu n'est pas mieux , et ce n'est loin d'être la faute au personnel. Le citoyen doit se déplacer de plus en plus loin de son domicile pour des délais d'attente de plus en plus importantes. Cela peut arriver qu'une demi -heure avant la fermeture on ne distribue plus de tickets et que le citoyen doit revenir le lendemain en espérant y voir moins de monde pour in fine recevoir une composition de ménage ou une nouvelle carte d'identité.

Pour le personnel de la ville la situation devient de plus en plus pénible : il faudra absolument mettre un terme à la règle qui fait qu'on ne remplace qu'un agent sur trois qui part à la retraite. L’absentéisme deviendra de plus en plus important vu la courbe d'age au sein de notre personnel. Nous perdons du savoir faire des personnes qu partent à la retraite et certains missions légaux sont en danger. A la ville nous avons perdu plus de 500 équivalents temps plein sur une espace de 10 ans. Il faut arrêter l'hémorragie.

C'est peut-être aussi une des raisons pourquoi les agents de la Ville n'ont pas accepté la suppression des 4 jours de maladie sans certificats par an. Les agents du CPAS ont débrayé rapidement à l'annonce de cette suppression tellement la charge de travail est importante.
 

Que faut il faire alors ? Prenons un exemple de l’échevine du PTB à Borgerhout. Face à une population précarisé seulement 500 enfants participaient en 2012 aux activités d'animation organisé par la ville en été. L'inscription à la semaine par voie digitale était un des freins constatés. Choisissant résolument pour des inscriptions libres à la journée, l'été 2015 4000 enfants y participaient, soit une multiplication fois huit. Tout ceci réalisé avec des petits budgets. A Charleroi la Collège a fait l'inverse . Alors que les plaines de jeux comptabilisait encore 65000 fois une inscription en 2010 aujourd'hui nous sommes à environ 30.000 fois une inscription, soit la moitié. Le système d’inscription a été aussi moins facile pour des personnes précarisées avec la suppression de inscription à la journée , le paiement à l'avance par voie électronique , la suppression des busses et la diminution du nombre de sites .

Pour conclure quelle vision de la ville défend notre Collège réellement ?

Quand nous analysons de plus près l'ensemble des investissements prévus au budget extra-ordinaire le constat parle pour lui.
Près 130 million (sur environ 55 projets) seront investi dans le centre ville alors que seulement 20 million (pour environ 90 projets) sont prévus pour des projets dans les 14 autres sections de la ville de Charleroi. Soit seulement 1 septième, alors que 90 % des Carolos habitent les 14 autres sections de Charleroi. Cela confirme bien le sentiment de pas mal de Carolos. La vision d'une ville avec une panoplies de services et d'activités près du citoyen, près de son lieu de vie est abandonné comme projet . A la place de cela nous avons un investissement massif -par moment pour des projets bling bling- au centre ville.

Pour certains projets on peut clairement mettre en doute l'utilité : le nouveau centre de congrès sera réalisé pour 36 millions d'euros alors qu'à 2 km du centre ville nous avons le centre de congrès le CEME qui a besoin d'un subside annuel de plus de 100.000 € par an par manque de rentabilité.

L'investissement tel qu'il a été conçu et concentré au centre ville risque de créer un Charleroi qui 'gagne' et d'un autre coté un 'Charleroi' qui perd, un Charleroi laissé à l'abandon.

La dépersonnalisation de la ville se symbolise aussi dans cette nouvelle appellation en « Districts ». Dans la note de politique générale de notre bourgmestre, empêché, en titre ou réel …. on ne parle plus de Jumet, ni de Ransart ou de Marchienne au Pont, mais de districts. Quand dans dix ans un habitant de Gosselies rencontrera un habitant de Marcinelle il lui dira: moi je viens du District Nord et toi ? Moi du District Sud,…. On a par moment l'impression que nos dirigeants « batisseurs » du nouveau Charleroi se sont inspiré d'un épisode du film les « Hunger Games ».

Le PTB ne s'inscrit pas dans cette vision de la ville, pour nous il est encore temps de changer le script.

Sofie Merckx

1http://www.charleroi.be/budget-2014-priorit-aux-r-parations-des-b-timents-et-l-am-lioration-du-cadre-vie-des-carolos

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