A quand une administration en conformité avec le Code de la démocratie locale à Charleroi ? Pas pour tout de suite pour Paul Magnette…

Depuis plusieurs années, la Ville de Charleroi a un directeur général faisant fonction. L'ancien secrétaire communal avait été écarté suite aux affaires qui ont ébranlé la ville. A ce moment, on pouvait comprendre que l’on ne nomme pas un directeur général et que l’on s’en tienne prudemment à des désignations provisoires. Mais, depuis le début de l’année 2014, l'ancien directeur est à la retraite. Il ne risque donc pas de reprendre son poste.

Selon le Code de la démocratie locale, l'emploi est déclaré vacant dans les 6 mois. Les modalités d’accession au poste sont fixées par le Conseil communal, des examens sont ouverts, et la désignation en bonne due et forme s’ensuit.

Aujourd'hui, plus de 18 mois se sont écoulés depuis la mise à la retraite de l’ancien directeur, mais la majorité n’enclenche pas la procédure légale. L’actuel directeur faisant fonction est reconduit de trois mois en trois mois par le Collège communal. On a assisté, au cours de ces dernières années, au défilé d’une flopée de directeurs faisant fonction à Charleroi. Ce jeu de chaises musicales a le don d’énerver les représentants des travailleurs. [i]

La situation actuelle pose plusieurs problèmes. L’autonomie et la stabilité de l’administration n’est pas garantie dans  ces conditions. Reconduit tous les trois mois, le directeur peut être changé à tout moment, ce qui a été le cas quand, soudainement, M Jusniaux est parti pour le cabinet de Mme Tillieux.

Il y a aussi un problème de crédibilité lorsqu’un directeur général - amené à donner des avis sur la légalité des actes au Conseil et au Collège - occupe un poste pour lequel il n’a pas présenté un examen portant sur ses compétences.

C’est ainsi que le mauvais exemple vient d’en haut. Quelle est la légitimité d’une telle situation face à  l’ensemble des agents communaux qui, eux, doivent présenter des examens standardisés Hudson pour « tenter » d’obtenir une nomination ?

Tout citoyen est tenu de respecter la loi. Je pense que la ville de Charleroi ne doit pas faire exception à cette règle et doit se mettre en conformité avec le Code de la démocratie locale. Lors du Conseil communal du 28 septembre dernier, l’opposition a mis un point à l’ordre du jour afin de déclarer le poste du directeur général vacant. A notre grand étonnement (même si on ne se faisait pas trop d’illusions sur l’issue du vote…), la majorité a voté contre ce point. M Magnette a pris pour prétexte « une possible instabilité » (sic !) pour ne pas déclarer le poste vacant. A mes yeux, il est tout à fait significatif que le ministre président de la Wallonie ne respecte pas le Code de la démocratie locale dans sa propre commune.

A suivre...

Sofie Merckx


[i] http://www.lalibre.be/regions/hainaut/a-charleroi-le-jeu-des-chaises-musicales-enerve-la-csc-53fef998357030e6103b7ec7