Respect pour les travailleurs de la Ville de Charleroi.

Respect pour les travailleurs de la Ville de Charleroi.

12 December 2020

Tous les mercredis, un service différent se met en grève. Après les puéricultrices des crèches, après les techniciennes de surface (SNB), après les ouvriers du Centre Opérationnel des Bâtiments (COB), après l’équipe « Cohésion Sociale », c’est au tour des accueillantes d’enfants (ATL) de se faire entendre lundi. Et elles ont beaucoup de choses à dire elles aussi !

La majorité PS-ECOLO-C+ veut supprimer un maximum de missions aux travailleurs communaux pour les envoyer vers le privé. C’est inefficace et cher. Au contraire, avec le PTB, nous demandons plus d’investissement dans les services communaux ce qui coûtera moins cher aux carolos et ce qui permettra un service de plus grande qualité à la population. Explications.

 

Les agents communaux prennent soin de nous. De plein de manières différentes. Souvent dans l’ombre. Ils assurent la propreté des centres culturels de nos quartiers. Ils interviennent s’il y a un souci sur un chauffage de l’école communale de nos enfants. Ils nous accueillent pour nous aider dans nos démarches administratives lorsque nous déménageons. Ils entretiennent les espaces verts de nos rues. Ils s’occupent de nos enfants à la crèche. Ils nous aident à développer nos projets locaux au sein des conseils de participation. Ils se chargent de réparer les routes en cas de nid-de-poule. Enfin… Ils essaient d’assurer ces missions car la majorité communale (PS-ECOLO-C+) semble bien décidée à leur mettre des bâtons dans les roues ce qui explique la lutte qui est en cours.

Dans l'exercice de leurs tâches, les travailleurs sont confrontĂ©s Ă  de multiples problèmes. Quelques exemples :

  • Les chauffagistes de la Ville peuvent ĂŞtre appelĂ©s pour un problème dans une Ă©cole. S’ils constatent qu’il faut changer le boiler, ils sont capables de le faire, mais ils n’ont pas le droit de le faire si la Ville a un contrat pour cette installation. Du coup, ils doivent absolument appeler la firme privĂ©e BE MAINTENANCE (456 331 € de bĂ©nĂ©fice en 2019 – bĂ©nĂ©fice en hausse de 44% de 2018 Ă  2019) qui devra alors seulement venir sur place selon ses disponibilitĂ©s (parfois, c’est assez long).
  • Les ouvriers en voirie se retrouvent parfois Ă  aller rĂ©parer une portion de route en y mettant du bitume alors que le lendemain, une firme extĂ©rieure est envoyĂ©e au mĂŞme endroit pour dĂ©truire tout et pour refaire la route complètement. Quel gaspillage.
  • Une partie des techniciennes de surface ne disposent toujours pas, en 2020, de chariots pour dĂ©placer leur matĂ©riel. Elles doivent tout porter Ă  la main. En sachant que c’est un mĂ©tier oĂą justement les problèmes de santĂ© sont frĂ©quents (arthrose, canal carpien, etc.), c’est une cruautĂ© que de ne pas les Ă©quiper correctement.
  • Pour un salaire très faible, les accueillantes d’enfants doivent parfois s’occuper de jusqu’à 150 enfants en Ă©tant seulement 4. Souvent, elles doivent amener leur propre matĂ©riel. Une travailleuse nous a expliquĂ© qu’elle est un jour arrivĂ©e dans une Ă©cole oĂą il n’y avait mĂŞme pas de papier toilette.
  • Les exemples sont nombreux. Les travailleurs sont trop peu nombreux et ils n’ont pas suffisamment de matĂ©riel. Et lorsque les travailleurs cherchent Ă  dialoguer avec la direction, ils ne reçoivent souvent que du mĂ©pris et de la condescendance : « Nous avons demandĂ©s Ă  la direction des parkas pour le travail Ă  l’extĂ©rieur, mais ça nous a Ă©tĂ© refusĂ©. Magnette ne sait pas ce que c’est un ouvrier. Il ne sait pas ce que c’est de travailler dehors de tout temps Â».

Depuis plusieurs années, la Ville affaiblit les services communaux afin de les rendre inefficaces. L’objectif de la majorité PS-ECOLO-C+ est d’externaliser un maximum de missions ou encore d’en envoyer directement au privé via les marchés stocks et publiques. La recette est classique.

D’abord, le collège communal dĂ©force les Ă©quipes en diminuant les effectifs. En investissant moins dans la formation du personnel et en utilisant les contrats les plus prĂ©caires possibles (la part du budget allouĂ© au personnel est passĂ© de 37% Ă  33% en 4 ans). Entre 2015 et 2019, la Ville est passĂ©e de 4860 Ă  4390 contrats. Ensuite, la majoritĂ© communale dĂ©sinvestit dans les budgets de fonctionnement. S’ils n’investissent pas dans des nouveaux outils, les travailleurs ne pourront un moment plus assumer leurs missions. Le PS nous dira alors qu’il faut malheureusement sous-traiter car il serait nĂ©cessaire d’avoir recours Ă  l’expertise du privĂ©. C’est de l’hypocrisie. Il est intĂ©ressant de constater que dans le calcul du budget, le poste qui augmente le plus entre 2019 et la projection 2021, ce sont les prestations par des tiers qui passe de 1.900.000€ Ă  3.600.000€. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour Ă©quiper correctement le personnel ?

Avec le PTB, nous rejetons cette vision libérale de la Ville. Cette gestion coûte plus cher à la collectivité et elle est inefficace. Le budget alloué à TIBI ne cesse d’augmenter d’une année à l’autre. Entre 2018 et la projection du budget de 2021, nous sommes passés de 25,5 millions d’€ à 31 millions d’€. Le coût des marchés stocks a doublé entre 2019 et 2020 (de 10 à 21 millions d’€). C’est de l’argent qui est envoyé directement au privé et qui servira notamment à enrichir des actionnaires plutôt qu’à servir l’intérêt des citoyens carolos, qui servira à créer des emplois précaires plutôt que des emplois publics de qualité. Par exemple, la société KRINKELS a repris de nombreuses missions de jardinage (tonte, entretien des espaces verts des parcs, etc.) qui étaient avant aux mains des ouvriers communaux. Cette société est passée de 2017 à 2020 d’un bénéfice 4 696 318 € à un bénéfice de 10 765 990 €. Nos impôts communaux sont utilisés pour financer les dividendes des actionnaires de KRINKELS.

Avant, les terrains de football étaient entretenus pour les ouvriers communaux. Ceux-ci effectuaient un travail sérieux car ils voulaient de beaux terrains pour les jeunes de leur quartier. Aujourd’hui, c’est géré par le privé, par GROEN SERVICE. Au terrain de football de Roux, le côté droit du terrain est tondu par cette société privée. Par contre, ce n’est pas dans leur contrat de tondre le côté gauche. Aussi, à force de tondre au tracteur, des trous s’agrandissent. Avant les ouvriers communaux, dans ce cas, allaient rechercher de la terre pour reboucher les trous. Mais ça, ce n’est pas dans le contrat de GROEN SERVICE. Contrairement à GROEN SERVICE, les travailleurs communaux sont chez eux à Charleroi. Ils savent où tout se trouve et ils veulent prendre soin le mieux possible de la Ville et de ses habitants.

Le projet que nous dĂ©fendons avec le PTB est tout autre. Les services communaux sont au service des citoyens et les soutiennent. Dans l’ombre, tous les jours de l’annĂ©e, ils assurent des missions indispensables Ă  la vie dans la commune. Il est alors Ă©vident que nous devons mobiliser tous les millions d’€ envoyĂ©s actuellement vers le privĂ© pour les investir dans les services communaux : pour engager du personnel avec des emplois de qualitĂ©, pour investir dans leur formation et pour les Ă©quiper avec le meilleur matĂ©riel possible. Encore une fois, respect aux travailleurs communaux. Via leur lutte pour plus de moyens, ils dĂ©fendent en rĂ©alitĂ© l’intĂ©rĂŞt de tous les carolos.