Respect pour les travailleurs de la Ville de Charleroi.

Tous les mercredis, un service différent se met en grève. Après les puéricultrices des crèches, après les techniciennes de surface (SNB), après les ouvriers du Centre Opérationnel des Bâtiments (COB), après l’équipe « Cohésion Sociale », c’est au tour des accueillantes d’enfants (ATL) de se faire entendre lundi. Et elles ont beaucoup de choses à dire elles aussi !

La majorité PS-ECOLO-C+ veut supprimer un maximum de missions aux travailleurs communaux pour les envoyer vers le privé. C’est inefficace et cher. Au contraire, avec le PTB, nous demandons plus d’investissement dans les services communaux ce qui coûtera moins cher aux carolos et ce qui permettra un service de plus grande qualité à la population. Explications.

 

Les agents communaux prennent soin de nous. De plein de manières différentes. Souvent dans l’ombre. Ils assurent la propreté des centres culturels de nos quartiers. Ils interviennent s’il y a un souci sur un chauffage de l’école communale de nos enfants. Ils nous accueillent pour nous aider dans nos démarches administratives lorsque nous déménageons. Ils entretiennent les espaces verts de nos rues. Ils s’occupent de nos enfants à la crèche. Ils nous aident à développer nos projets locaux au sein des conseils de participation. Ils se chargent de réparer les routes en cas de nid-de-poule. Enfin… Ils essaient d’assurer ces missions car la majorité communale (PS-ECOLO-C+) semble bien décidée à leur mettre des bâtons dans les roues ce qui explique la lutte qui est en cours.

Dans l'exercice de leurs tâches, les travailleurs sont confrontés à de multiples problèmes. Quelques exemples :

  • Les chauffagistes de la Ville peuvent être appelés pour un problème dans une école. S’ils constatent qu’il faut changer le boiler, ils sont capables de le faire, mais ils n’ont pas le droit de le faire si la Ville a un contrat pour cette installation. Du coup, ils doivent absolument appeler la firme privée BE MAINTENANCE (456 331 € de bénéfice en 2019 – bénéfice en hausse de 44% de 2018 à 2019) qui devra alors seulement venir sur place selon ses disponibilités (parfois, c’est assez long).
  • Les ouvriers en voirie se retrouvent parfois à aller réparer une portion de route en y mettant du bitume alors que le lendemain, une firme extérieure est envoyée au même endroit pour détruire tout et pour refaire la route complètement. Quel gaspillage.
  • Une partie des techniciennes de surface ne disposent toujours pas, en 2020, de chariots pour déplacer leur matériel. Elles doivent tout porter à la main. En sachant que c’est un métier où justement les problèmes de santé sont fréquents (arthrose, canal carpien, etc.), c’est une cruauté que de ne pas les équiper correctement.
  • Pour un salaire très faible, les accueillantes d’enfants doivent parfois s’occuper de jusqu’à 150 enfants en étant seulement 4. Souvent, elles doivent amener leur propre matériel. Une travailleuse nous a expliqué qu’elle est un jour arrivée dans une école où il n’y avait même pas de papier toilette.
  • Les exemples sont nombreux. Les travailleurs sont trop peu nombreux et ils n’ont pas suffisamment de matériel. Et lorsque les travailleurs cherchent à dialoguer avec la direction, ils ne reçoivent souvent que du mépris et de la condescendance : « Nous avons demandés à la direction des parkas pour le travail à l’extérieur, mais ça nous a été refusé. Magnette ne sait pas ce que c’est un ouvrier. Il ne sait pas ce que c’est de travailler dehors de tout temps ».

Depuis plusieurs années, la Ville affaiblit les services communaux afin de les rendre inefficaces. L’objectif de la majorité PS-ECOLO-C+ est d’externaliser un maximum de missions ou encore d’en envoyer directement au privé via les marchés stocks et publiques. La recette est classique.

D’abord, le collège communal déforce les équipes en diminuant les effectifs. En investissant moins dans la formation du personnel et en utilisant les contrats les plus précaires possibles (la part du budget alloué au personnel est passé de 37% à 33% en 4 ans). Entre 2015 et 2019, la Ville est passée de 4860 à 4390 contrats. Ensuite, la majorité communale désinvestit dans les budgets de fonctionnement. S’ils n’investissent pas dans des nouveaux outils, les travailleurs ne pourront un moment plus assumer leurs missions. Le PS nous dira alors qu’il faut malheureusement sous-traiter car il serait nécessaire d’avoir recours à l’expertise du privé. C’est de l’hypocrisie. Il est intéressant de constater que dans le calcul du budget, le poste qui augmente le plus entre 2019 et la projection 2021, ce sont les prestations par des tiers qui passe de 1.900.000€ à 3.600.000€. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour équiper correctement le personnel ?

Avec le PTB, nous rejetons cette vision libérale de la Ville. Cette gestion coûte plus cher à la collectivité et elle est inefficace. Le budget alloué à TIBI ne cesse d’augmenter d’une année à l’autre. Entre 2018 et la projection du budget de 2021, nous sommes passés de 25,5 millions d’€ à 31 millions d’€. Le coût des marchés stocks a doublé entre 2019 et 2020 (de 10 à 21 millions d’€). C’est de l’argent qui est envoyé directement au privé et qui servira notamment à enrichir des actionnaires plutôt qu’à servir l’intérêt des citoyens carolos, qui servira à créer des emplois précaires plutôt que des emplois publics de qualité. Par exemple, la société KRINKELS a repris de nombreuses missions de jardinage (tonte, entretien des espaces verts des parcs, etc.) qui étaient avant aux mains des ouvriers communaux. Cette société est passée de 2017 à 2020 d’un bénéfice 4 696 318 € à un bénéfice de 10 765 990 €. Nos impôts communaux sont utilisés pour financer les dividendes des actionnaires de KRINKELS.

Avant, les terrains de football étaient entretenus pour les ouvriers communaux. Ceux-ci effectuaient un travail sérieux car ils voulaient de beaux terrains pour les jeunes de leur quartier. Aujourd’hui, c’est géré par le privé, par GROEN SERVICE. Au terrain de football de Roux, le côté droit du terrain est tondu par cette société privée. Par contre, ce n’est pas dans leur contrat de tondre le côté gauche. Aussi, à force de tondre au tracteur, des trous s’agrandissent. Avant les ouvriers communaux, dans ce cas, allaient rechercher de la terre pour reboucher les trous. Mais ça, ce n’est pas dans le contrat de GROEN SERVICE. Contrairement à GROEN SERVICE, les travailleurs communaux sont chez eux à Charleroi. Ils savent où tout se trouve et ils veulent prendre soin le mieux possible de la Ville et de ses habitants.

Le projet que nous défendons avec le PTB est tout autre. Les services communaux sont au service des citoyens et les soutiennent. Dans l’ombre, tous les jours de l’année, ils assurent des missions indispensables à la vie dans la commune. Il est alors évident que nous devons mobiliser tous les millions d’€ envoyés actuellement vers le privé pour les investir dans les services communaux : pour engager du personnel avec des emplois de qualité, pour investir dans leur formation et pour les équiper avec le meilleur matériel possible. Encore une fois, respect aux travailleurs communaux. Via leur lutte pour plus de moyens, ils défendent en réalité l’intérêt de tous les carolos.